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Sleep

Jason Yu

 

Soo-Jin et Hyun-Su ont tout pour être heureux. Ce couple aimant et soudé est en attente de leur premier enfant et cette étape de leur vie, pas si simple à gérer, ils comptent bien s'y atteler ensemble. Toutefois, Hyun-Su se réveille une nuit et, tel un fantôme, prononce une phrase étrange qui plonge sa femme dans une profonde perplexité. Bientôt, ses réveils nocturnes réguliers, devant lesquels les médecins se montrent impuissants, vont lui faire adopter des comportements de plus en plus inquiétants et violents. Commence alors une lente et inexorable descente aux enfers qui mettra à l’épreuve la force de leur relation.

 

 

A partir de simples éléments du quotidien, Jason Yu parvient à créer une ambiance rapidement angoissante qui laisse augurer une belle montée en puissance de la tension dramatique. C’est relativement le cas mais on reste toutefois un peu sur notre faim. Il manque à « Sleep » une qualité de mise en scène et de photographie qui contribueraient à insuffler une identité forte à des séquences finalement assez classiques formellement. Et si le final contient son lot de surprises, son parti-pris scénaristique prête à caution tant il s’avère que le film n’a clairement pas les moyens de ses ambitions. Sans forcément verser dans le spectaculaire, on aurait souhaité plus de souffle et d’onirisme.

 

 

Il reste le sujet du film, pas inintéressant, mais qui manque lui aussi de profondeur de traitement. On comprend qu’il évoque la difficulté qu’il y a à voir son quotidien perturbé par la venue d’un enfant. Cet événement « extraordinaire » peut amener à se confronter à des pensées et des émotions pas toujours positives que l’on tend naturellement à refouler tant on en a honte. Par ailleurs, la charge mentale qui incombe dès lors aux femmes peut engendrer un "burn-out" légitime. Toutefois, on regrette que les métaphores, pas toujours très subtiles, ne soit pas poussées à leur paroxysme. Il en résulte un film sympathique, mais parfois trop superficiel, autant sur le fond que dans la forme.

 

 

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