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Cold war

Pawel Pawlikowski

 

Peu après la seconde guerre mondiale, Wiktor parcourt la Pologne pour dénicher de jeunes talents et monter un spectacle mettant à l'honneur les chants et danses traditionnels polonais. Il tombe amoureux de Zula, une de ses élèves. Entre Paris et Varsovie, on suit leur idylle rendue impossible par le contexte politique de l'époque.

 

 

Porté par un noir et banc sublime, ce film en a laissé beaucoup sur la touche. Il est vrai que l'on peine à ressentir la passion dévorante qui unit Wiktor à Zula, la faute à un choix narratif qui ne cherche pas à nous la rendre vivante. En usant de l'ellipse, on les voit se perdre et se retrouver sur une quinzaine d'années au travers de séquences qui ne disent rien ou presque de ce qu'ils ont ressenti ni vécu entre elles. C'est particulier mais pour ma part, j'ai accroché à cette approche originale qui se refuse à verser dans le mélo. Pour vivre la puissance d'une liaison dévorante, d'autres films sont là pour ça. Wiktor et Zula s'aiment, c'est ainsi, mais l'important est ailleurs.

 

 

Outre l'aspect esthétique indéniable du film, ce dernier est aussi un hommage à la musique, quelle soit polonaise ou jazzy. Certains chants sont magnifiques et on pourrait presque classer "Cold War" comme une œuvre musicale. Il met également à l'honneur un personnage, celui de Zula porté par une magnétique Joanna Kulig, absolument superbe. Sa forte personnalité et sa beauté farouche et sauvage crèvent l'écran. Qu'elle chante, qu'elle danse ou qu'elle aime, elle est en tous points ensorcelante et transcende ce qui pourrait n'être qu'une banale histoire d'amour. Par ailleurs, le film montre en quoi la passion peut se heurter aux régimes politiques et à des cultures que tout oppose. Celles de la Pologne soviétique et rurale d'un côté, celles d'un Paris plus libéral et clinquant de l'autre. Quand la tête de Zula se pose sur l'épaule de Wiktor en une scène d'autant plus déchirante qu'elle prend le temps de nous faire part de la lassitude et de l'impuissance des deux amoureux, c'est tout le poids de leur environnement qui s'impose à nous en un instant de grâce suspendue et désespérée .

 

 

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